mercredi 29 octobre 2014

 AmiEs de RDV,
j'ai quelque regret d'avoir négligé ce blog, oserais-je vous avouer que cela est n'est pas dû qu'à ma paresse mais également à la votre car ces pages étaient un prétexte à communiquer avec vous, mais voilà, en l'absence de vos commentaires mes messages s'abimaient dans le Grand Vide où je vous cherchais en vain.
Je reviens vers vous la main tendue avec un poème (et un clin d’œil) dont j'ai offert la primeur à un blog qui m'est cher, ZEN Conseil.
Bonne lecture!

http://www.sunyatazenconseil.com/blog/poesie/pauvre-descartes-by-lise-medini.htmlhttp://www.sunyatazenconseil.com/blog/poesie/pauvre-descartes-by-lise-medini.html

mardi 12 février 2013


JE VOUS SOUHAITE UNE

BONNE  HEUREUSE  PAISIBLE AMOUREUSE NOUVELLE ANNÉE TIBÉTAINE

AN 2140 DU SERPENT D'EAU

mercredi 23 janvier 2013

L'homme qui parle avec les plantes


Bonjour ami-e-s de RDV.
Je reviens, après une assez longue absence, partager avec vous "L'homme qui parle avec les plantes", film documentaire que je viens de découvrir sur la toile par une chance extraordinaire, une de ces coïncidences que Carl Gustav Yung appelle des synchronicités, auxquelles nous avons consacré plusieurs des pages de ce blogue.  
Je vous avoue que j'ai été surprise en découvrant dans ce film une explication à deux de mes expériences —liées à ma communication sensible avec les plantes— restées mystérieuses pour moi. Elles figurent ICI et 

Plutôt que d'une explication, il s'agit d'une intime conviction que dans l'univers tout est vivant, lié, interdépendant, interagissant. Nous sommes tous interconnectés et nous avons parmi nos facultés latentes, le potentiel de communiquer subtilement avec les animaux, les arbres, les plantes, les pierres comme avec les étoiles. 
Mais peut-être faudra-t-il d'abord que chacun de nous commence à s'aimer afin de communiquer avec soi-même dans le silence de son être.
Ensuite seulement viendra l'éveil à l'amour de tout ce qui est sans aucune discrimination.
Je vous souhaite autant de plaisir que j'en ai eu à découvrir ce film passionnant.



L'auteur réalisateur du film
Yvo Perez Barreto est né au Pérou. Auteur, réalisateur, conférencier, il a voyagé 
dans le monde entier avec sa caméra, pour montrer comment les connaissancesissues des traditions millénaires peuvent contribuer à apporter des solutions aux problèmes de santé que rencontrent nos mondes industrialisés. Son site



mercredi 22 février 2012

À PROPOS DE FRIVOLITÉS VOICI UN CADEAU MERVEILLEUSEMENT FRIVOLE !


Lors de la création de Recherche dans le vide, sous le titre, j'avais écrit pour définir l'objet du blog:
 "Pensées du jour profondes ou frivoles sur la recherche du bonheur..."
Pour ce qui est de la frivolité, je reconnais qu'elle a eu bien peu de part jusqu'ici dans ces pages.  Aujourd'hui, j'ai choisi de compenser ce manque impardonnable en vous offrant un cadeau le plus futile qui soit, à l'occasion du  nouvel an tibétain, année 2139 du Dragon d'Eau. 
Je remercie mon ami Thubten Pende pour ce superbe Dragon d'Eau 

Mais auparavant, j'ai envie d'adresser mes premiers voeux au peuple tibétain en souhaitant à ceux qui souffrent sous la botte de l'occupant, et à ceux qui vivent dans la diaspora, la réalisation de tous leurs souhaits pour eux, leur famille, leur pays et leur culture bouddhiste qui, nous ne l'ignorons pas, sont en péril.
À vous mes ami-e-s fidèles ou visiteurs intemporels de RDV, je souhaite une année de paix, de joie, de bonne santé, une année de partage et de solidarité avec tous ceux qui tombent actuellement sous la coupe — pourtant déjà bien pleine — des oligarques de la finance et de la politique.
Et voici maintenant mon cadeau parfaitement futile puisqu'il a trait à ... notre beauté. Nous sommes nombreuses, nombreux à nous en soucier ne serait-ce que pour le plaisir d'offrir un visage plaisant à nos consorts (!)  nos amants, nos enfants, nos parents, ami-e-s, collègues et inconnu-e-s croisé-e-s dans la rue, sans parler du plaisir toujours renouvelé d'une rencontre satisfaisante avec son miroir.

LA CRÈME MERVEILLEUSE

Tout a un prix, c'est vrai! Mais les produits de beauté de marque en ont un qui grève sérieusement notre budget et le pire, est qu'ils ne peuvent faire l'économie d'une liste impressionnante de conservants, colorants, parfums de synthèse, paraben  et autres cochonneries toutes chimiques, dont les conséquences peuvent être néfastes pour notre santé, et pour un résultat pas vraiment impressionnant. Voici donc la recette de ma Crème Merveilleuse, qui ne vous coûtera pas cher, vous demandera peu de temps pour la confectionner avec des produits naturels et dont le résultat vous étonnera.
Vous aurez besoin d'une balance, de film transparent, d'un pot de 50 ml., d'une petite cuillère en bois ou encore, utilisez votre doigt pour mélanger les ingrédients  (après astiquage vigoureux du-dit doigt !). Comme produits de base:
— Une boîte de beurre de karité 100%  (bio c'est parfait, mon pot contient 100 ml. ) 
— Un petit flacon d'huile d'argan  (je l'achète chez mon épicier marocain beaucoup moins cher qu'au rayon de beauté)
— Une plante  d'aloé véra 
— et pour sentir bon mais c'est facultatif, de l'huile de lavande (je l'ai également trouvée à prix modique chez mon ami, l'épicier marocain.)
Ces produits vous serviront  plusieurs fois car pour fabriquer de quoi remplir un pot de 50 ml. vous n'emploierez que 20 gr. de karité, 10 gr. d'huile d'argan , 5 gr. du gel prélevé en raclant l'intérieur d'une feuille d'aloé véra, et 3 gouttes d'huile de lavande. 
 Procédez ainsi:
Mettez dans la balance une feuille de filtre transparent, posez 20 gr. de beurre de karité, + 10 gr. d'huile d'argan,  + 5 gr. de gel d'aloé vera  et si vous souhaitez   parfumer votre produit, 3 gouttes d'huile de lavande.
Bien mélanger  jusqu'à la consistance d'une pommade; mettez en pot puis au réfrigérateur.
Profitez de ce qui reste de crème sur le film transparent pour enduire votre visage (autour mais pas dans les yeux) votre cou et vos mains.
Il se peut que vous sentiez de minuscules cristaux en l'appliquant, ils se dissolvent lorsque vous massez votre visage du bout des doigts. 

Si votre aloé véra est un plan femelle, vous verrez pousser des bébés autour d'elle que vous pourrez replanter en petits pots et offrir à vos ami-e-s. Elle est décorative, se multiplie très bien et elle est considérée comme une plante dépolluante. Coupez de préférence la branche la plus externe pour ne pas dépouiller son coeur et surtout, parlez-lui gentiment, elle y sera sensible. À propos de la sensibilité des plantes voir:

http://lisemedini.blogspot.com/2009/06/synchronicite-suite-n5.html

(J'ai commis une erreur, ce lien conduit à une autre aventure de synchronicité sans rapport avec la sensibilité des plantes)

Lorsque vous avez une sortie, si vous voulez briller, appliquez rien qu'un peu du gel de votre plante sur votre visage et votre cou, léger effet irisé et pores resserrés garanti ! Mais avant de dormir, nettoyez visage et cou et appliquez une fine couche de Crème merveilleuse. 
Je l'ai essayée sur mes cheveux et ceux de mon compagnon, en la laissant poser 3 heures, elle a fait merveille, d'où le nom que je lui ai donnée. Je recommande de n'en fabriquer que 50 gr.  pour qu'elle soit toujours fraîche, mais si vous l'utilisez également en masque capillaire vous pouvez doubler les doses.

Pour finir,  comme dirait Eugénie Toupie, le personnage d'un conte que j'écris: "Car il faut bien que tout finisse avant qu'on ne s'en lasse... " j'espère que vous reviendrez bientôt sur RDV, pour nous faire partager votre émerveillement, vos découvertes, vos recettes merveilleuses, vos expériences, vos rires ou vos larmes, tout cela peut s'écrire dans la fenêtre des commentaires que j'espère nombreux et variés. Ils peuvent se rapporter à la Crème Merveilleuse comme aux précédents articles que certains d'ente vous n'ont peut-être pas encore découverts.
Conclusion en forme de question: Les petits plaisirs futiles ne peuvent certainement pas nous procurer le bonheur, mais ne peuvent-ils pas y contribuer?

D'après Wikipedia : L'Aloe vera est une plante utilisée en cosmétique depuis 5 000 ans par les guérisseurs. La feuille d'Aloe vera contient plus de 75 éléments nutritifs et 200 autres composants, ainsi que 20 minéraux, 18 acides aminés et 12 vitamines (A1, B1, B6, B12, C, E , choline) . Elle traite et accélère la cicatrisation des  brûlures. Lutte contre le vieillissement. 


L'huile cosmétique, plus claire, s'utilise en application sur la peau et les cheveux et aurait des vertus contre la chute des cheveux, l'eczéma, la déshydratation cutanée. La chercheuse Zoubida Charrouf, spécialisée en chimie organique à l'université de Rabat, a beaucoup contribué à la connaissance scientifique de cette huile et des autres sous-produits de l'arganier. Grâce au CRDI (Centre de recherches pour le développement international, société d'état canadienne), elle a aussi œuvré à l'établissement des toutes premières coopératives de traitement de l'huile d'argane, entièrement dirigées par des femmes.

dimanche 20 novembre 2011

Eckhart Tolle: Paroles.

On ne présente plus Eckhart Tollë, qui n'a lu Le Pouvoir du Moment Présent ? Si vous ne l'avez pas encore découvert, lisez-le et revenez ici sur RDV, nous faire part de vos commentaires. En attendant je vous propose cette vidéo qui, je l'espère vous inspirera autant que je l'ai été.
Cliquer sur la mention Youtube pour la voir en plein écran cela en vaut la peine.

vendredi 20 mai 2011

ÉPIDÉMIE FOUDROYANTE

Une épidémie mondiale est en train de se propager à une allure vertigineuse.

L’OMB (Organisation Mondiale du Bien-Etre) prévoit que des milliards d’individus seront contaminés dans les dix ans à venir.
Voici les symptômes de cette terrible maladie :
1 - Tendance à se laisser guider par son intuition personnelle plutôt que d’agir sous la pression des peurs, idées reçues et conditionnements du passé.
2 - Manque total d’intérêt pour juger les autres, se juger soi-même et s’intéresser à tout ce qui engendre des conflits.
3 - Perte complète de la capacité à se faire du souci (ceci représente l’un des symptômes les plus graves)
4 - Plaisir constant à apprécier les choses et les êtres tels qu’ils sont, ce qui entraîne la disparition de l’habitude de vouloir changer les autres.
5 - Désir intense de se transformer soi-même pour gérer positivement ses pensées, ses émotions, son corps physique, sa vie matérielle et son environnement afin de développer sans cesse ses potentiels de santé, de créativité et d’amour.
6 - Attaques répétées de sourire, ce sourire qui dit « merci » et donne un sentiment d’unité et d’harmonie avec tout ce qui vit.
7 - Ouverture sans cesse croissante à l’esprit d’enfance, à la simplicité, au rire et à la gaieté.
8 - Moments de plus en plus fréquents de communication consciente avec son Ame, Non-duelle… Ëtre, ce qui donne un sentiment très agréable de plénitude et de bonheur.
9 - Plaisir de se comporter en guérisseur qui apporte joie et lumière plutôt qu’en critique ou en indifférent.
10 - Capacité à vivre seul, en couple, en famille et en société dans la fluidité et l’égalité, sans jouer ni les victimes, ni les bourreaux, ni les sauveurs.
11 - Sentiment de se sentir responsable et heureux d’offrir au monde ses rêves d’un futur abondant, harmonieux et pacifique.
12 - Acceptation totale de sa présence sur terre et volonté de choisir à chaque instant, le beau, le bon, le vrai et le vivant.
Si vous voulez continuer à vivre dans la peur, la dépendance, les conflits, la maladie et le conformisme, évitez tout contact avec des personnes présentant ces symptômes.
Cette maladie est extrêmement contagieuse !
Si vous présentez déjà des symptômes, sachez que votre état est probablement irréversible.
Les traitements médicaux peuvent faire disparaître momentanément quelques symptômes mais ne peuvent s’opposer à la progression inéluctable du mal.
Aucun vaccin anti-bonheur n’existe.
Comme cette maladie du bonheur provoque une perte de la peur de mourir, qui est l’un des piliers centraux des croyances de la société matérialiste moderne, des troubles sociaux risquent de se produire, tels des grèves de l’esprit belliqueux et du besoin d’avoir raison, rassemblements de gens heureux pour chanter, danser et célébrer la vie, des cercles de partage et de guérison, des crises de fou-rire et des séances de défoulement émotionnel collectives.


AUTEUR ANONYME

jeudi 5 août 2010

LA SOBRIÉTÉ HEUREUSE SELON PATRICK VIVERET

La sobriété heureuse ; Université de tous les savoirs > La sobriété heureuse - Patrick Viveret >
05/06/2009 (dans le cycle : "Développement durable, la croissance verte : comment ?")
"Réflexion remarquable sur la crise de l’avenir de l’humanité au regard du mal-être et de la démesure, reposant sans interdit la question du bonheur, remettant en cause les indicateurs de richesse, et proposant une sobriété heureuse sans captation de sens, de pouvoir ou d’avoir."

Je viens de découvrir Patrick Viveret et m'empresse de vous faire partager l'enthousiasme que m'a suscitée la vidéo-conférence de ce philosophe, "co-fondateur des rencontres internationales « Dialogues en Humanité », passionné de philosophie politique, d'économie, de comptabilité, de mouvements associatifs et des alternatives au développement non durable, telles qu'une sobriété heureuse démocratiquement débattue et choisie ou des politiques publiques de mieux-être".(Voir son profil complet dans Wikipedia)
Le mieux-être, que nous n'hésitons pas à appeler le bonheur, est l'un des thèmes majeurs de Recherche dans le Vide, nous l'avons illustré sous son aspect spirituel, le voici aujourd'hui mis en lumière par un penseur philosophe brillant qui l'examine dans son aspect social et politique, sans pour autant léser la dimension spirituelle indissociable du mieux être. .


samedi 24 juillet 2010

The Four Agreements (Don Miguel Ruiz)

Si vous ne connaissez pas encore Don Miguel Ruiz, la chance s'offre à vous de le rencontrer ici et maintenant, présent dans ses Quatre Accords Toltèques bien qu'invisible dans le film. Apprêtez-vous à voir une création particulièrement inspirante, la musique qui l'accompagne ne l'est pas moins, et je ne saurai trop vous recommander la lecture des livres de ce médecin chirurgien chaman, qui est remonté jusqu'aux sources les plus pures de sa culture en faisant appel aux pratiques chamaniques auxquelles il a été initié. Il s'agit d'un authentique maître spirituel qui consacre sa vie à transmettre aux êtres humains les secrets de ses lointains ancêtres, une sagesse enfouie depuis des millénaires dans les pierres sacrées des pyramides de Téotihuacan, au Mexique. Afin de développer les prodigieuses facultés demeurées latentes dans les méandres de notre cerveau, Don Miguel Ruiz va, sans coup férir, nous ouvrir le coeur afin d'y déposer ses offrandes: des semences d'amour, d'éveil, de beauté et de bonheur.
Voici le lien qui vous informe de son programme de conférences en France.
—Pour ceux que l'anglais rebute, ci-dessous le texte de la vidéo extrait de "Les Quatre Accords Toltèques" de Don Miguel Ruiz, éd.Poches Jouvence, traduit en Français par Olivier Cler.




dimanche 7 mars 2010

RENCONTRE AVEC LE DALAI LAMA: MIRACLE OU SYNCHRONICITÉ?

UN AN DÉJÀ!
Le 14 Mars 2009 premier anniversaire de Rencontre dans le Vide.


Souhaitons-lui longue vie et beaucoup d'amis abonnés intéressés par l'enquête spirituelle que nous menons ici dont la motivation est le bonheur de tous, la libération de la souffrance et de la méconnaissance. Le but de notre recherche, il est bon de le rappeler, est d'éclairer le projecteur de notre intelligence afin de mettre en lumière les notions fausses dont on a meublé notre esprit. Cela peut nous permettre de réaliser que nous sommes UN, d'aimer les autres comme nous-même et d'instaurer la paix dans nos cœurs et sur notre Terre d'asile. Cela nous aidera à opérer peu à peu la mutation indispensable à notre survie, menacée par divers ennemis, les pires n'étant pas à chercher à l'extérieur mais en nous. La liste est longue! Pour n'en citer que quelques uns, ils s'appellent l'égoïsme, la haine, l'attachement, l'avidité, l'ambition, l'envie, la jalousie et la méconnaissance d'où ils surgissent tous. Chacun de nous a pour mission de se guérir de ces "virus" responsables de tant de souffrances.
Le Dalai Lama enseigne qu'il s'agit de cultiver leurs opposés, les antidotes à ces passions perturbatrices consistant à développer l'amour altruiste, la compassion, l'éthique, à instaurer le calme, la sagesse, la vue juste. Pour ceux que cela intéresse, référez-vous pour plus de détails au livre dont je parle ci-dessous.

R.D.V. affiche 16 abonnés, mais je sais que nous sommes plus nombreux par le courrier que je reçois. Je souhaite que tombent le plus tôt possible les réticences à l'égard d'internet, de ses procédures d'inscription et du fait de se déclarer par l'écrit sur un sujet qui demande un effort. Mon vœu est de voir s'approfondir votre réflexion et se multiplier vos commentaires car l'interactivité me parait une dynamique créatrice pour un réseau. Prière donc de ne pas me laisser en carafe comme une bouteille qu'on jette dans le Vide avec un S.O.S. ...
Le tout premier billet que j'ai publié à propos d'une citation de Lord Bowen, a suscité un commentaire de Mélina me demandant de raconter ma première entrevue avec le Dalai Lama. Elle n'ignorait pas que j'avais traduit et rédigé
Cent éléphants sur un brin d'herbe, recueil de conférences et d'enseignements du Dalai lama (paru au Seuil en Poche). Je lui ai répondu par la promesse de l'écrire. C'est chose faite, voici le récit de cette première rencontre.


Je suis de toute évidence.

Simple constat. Voilà. C'est tout.

Lorsqu'on détourne son attention du spectacle permanent du monde, que l'on cesse de fabriquer quoique ce soit avec ses mains ou son esprit tout en restant intensément présent à soi-même, que perçoit-on? Un "Je suis" de toute évidence s'impose à nous sans mots. On l'éprouve, on le sait sans avoir recours à la pensée. Simultanément, l'on découvre que ce "je suis", né du silence, n'est pas différent de tous les je suis du passé du présent du futur réunis ici maintenant dans l'instant. Je n'ai jamais cessé d'être cela, même en rêvant, même en dormant.

Ainsi, je suis! Et il en est de même pour chaque être vivant. Et tout comme je tiens passionnément à rester consciente de ce je suis, chacun y tient pareillement. Même le moustique aime être et redoute la main qui va s'abattre sur lui, et je ne vois pas ce que cela change d'affirmer que c'est instinctif. Il n'y a qu'un seul et unique je suis, un être infinitif, un étant participe présent, impersonnel, qui a sa source et sa demeure en chaque être vivant, mais pas à la manière d'un Dieu au sens commun du terme, mais en tant que pure présence, consciente du fait d'être.

Ainsi donc chacun se sent être tout comme je le ressens. J'écoutais ce sentiment résonner et ricocher dans des zones profondes de conscience, la pensée le traduisait en mots: nous, tous les êtres vivants, avons ce fond commun. Cela saute aux yeux une fois qu'on l'a vue, je suis a le même goût pour tout le monde — quand il n'est pas additionné du piment des émotions —, le goût même de l'existence, la saveur d'être. On l'éprouve surtout dans les moments d'émotions fortes, joie, colère, peur, en particulier si notre vie est menacée, et dans ce cas, j'ai l'intime conviction que la certitude d'être et d'y tenir bigrement est aussi intense pour le moustique qui voit la main prête à s'abattre sur lui que pour le ci-devant face au bourreau et à la guillotine.

Bon, alors je suis… comme tout le monde, mais cela ne me dit pas de quelle nature je suis vraiment. Toute de matière? Toute d'esprit? Ou bien moitié-moitié? Ou quelque chose de tout autre qui n'est ni l'un ni l'autre, ni les deux réunis?

À ce stade de mon enquête, mon intuition me souffla un vent de liberté qui fit naître ma détermination : j'étais à un carrefour de mon existence et je me savais libre de choisir ma direction. Allais-je conserver ma vie bourgeoise, ma Lancia métallisée et ma liberté restreinte pour prendre les autoroutes de la Grande Illusion? Choisir la renommée, le vedettariat, le luxe, les média, pleins d'attraits et de pièges pour une jeune femme de mon époque? Je décidais de renoncer à mon confortable cadre de vie — cela ne me coûtait guère — au public et à la scène avec lesquels je me sentais enfin à l'aise, à dix ans de métier d'auteur compositeur interprète chèrement acquis. Il me fallut longtemps pour admettre que dans ce domaine, je m'étais lésée, mais forte de ma trentaine glorieuse couronnée par la naissance d'un fils — rayon de miel et de lumière — et de la présence à mes côtés de son père, confiante dans l'amour qu'ils m'inspiraient, j'ai pris sans hésiter "la route des Indes" et des légendaires chemins de Katmandou. J'étais déterminée à trouver coûte que coûte celui ou celle qui confondrait mes doutes et m'aiderait à découvrir la vérité sur ce que j'appelle mon moi de fortune, sur ce drôle d'Univers tricoté d'espace et de temps, et sur ce que j'étais venue faire dans ce monde étrange, inhumain.

Je devais rencontrer Lama Thubten Yéshé l'ami spirituel que j'appelai de mes vœux, dans la vallée de Katmandou quatre mois après mon arrivée en Inde. Pourtant, ce n'est pas lui qui s'est présenté en premier mais celui qui m'a mis sur sa piste, son propre maître, le messager de la sagesse, de la compassion et de la vérité dont j'étais assoiffée, l'élu du peuple Tibétain et de bien des chercheurs spirituels de par le monde, je veux parler de Sa Sainteté Tenzin Gyatso le XIVè. Dalai Lama.

Cette rencontre tellement tellement improbable m'a laissée médusée au point qu'aujourd'hui encore, après tant d'années, je frémis en écrivant ces mots comme si le temps ne s'était pas écoulé. C'est ainsi que "cela" arrive, c'est ici et maintenant que tout peut toujours arriver, à chaque instant, sans s'annoncer. Miracle ou calamité. Nous avons intérêt à devenir flexibles, et pas seulement en exerçant notre corps en petites foulées, mais également notre esprit, afin de développer sa capacité à lâcher nos schémas de pensées caduques au profit d'un nouveau paradigme mieux adapté à l'évolution. La loi de l'évolution des espèces découverte par Darwin nous rappelle que sommes condamnés à muter ou à disparaître. Mais qui a dit que les disparus sont plus à plaindre que les apparus? Encore un préjugé à reconsidérer!

Pour revenir à cette rencontre insolite, elle me parait exemplaire de ce que K.G Jung a dénommé la synchronicité. Le fait que le Dalai Lama soit arrivé au Kashmir, à Srinagar, sur le lac Dal, justement à l'époque où nous y séjournions, me parut l'effet d'une grâce — encore que je ne sache guère ce que recouvre ce mot. Nous demeurions à bord du "New Cuty Sark", un petit houseboat dont les boiseries de cèdre richement sculpté répandait un parfum entêtant; ancrée au milieu du lac semé de lotus roses, cette idyllique demeure flottante nous avait été attribuée pour la saison ainsi qu'un cuisinier et un serviteur, Gulam Rassoul, un jeune Kashmiri timide et empressé, parfaitement stylé, qui nous servait nos repas pieds nus et en gants blancs. Il sut d'instinct protéger notre intimité contre l'intrusion des marchands dont les shikaras débordant de marchandises se collaient au New Cutty Sark comme des tiques sur un chien.

Ne dit-on pas en Inde que lorsque le disciple brûle de rencontrer son maître, celui-ci vient à sa rencontre? Alors qu'il était en route pour conférer une initiation collective dans la vallée de l'Indus, aux milliers de bouddhistes peuplant les montagnes du Ladakh, le chef légitime, politique et spirituel des Tibétains fut invité par le gouverneur du Kashmir à faire une étape à Srinagar afin de s'y reposer avec sa suite de moines. Comme toutes les célébrités, têtes couronnées ou Présidents en visite, il fut conduit en un magnifique cortège de shikaras — les gracieux esquifs servant à rejoindre les houseboats et à se promener sur lac Dal — afin de prendre une collation sur le house-boat Alif Laila. C'était une suite de grand luxe (l'appartement témoin du Lac Dal!), fameux pour avoir accueilli Indira Gandhi et maints autres dirigeants politiques, reines, princes ou émirs de tous poils accompagnés, ou plutôt humblement suivis, devrais-je dire car j'en ai croisé, par leur nombreuses femmes en burka noire, bouches cousues, regards à la dérobée et sourires fermeture éclair.

Après m'être levée dés 4h pour aller à l'aéroport accueillir les groupes de touristes français que je devais accompagner jusqu'à leurs houseboats respectifs, et par la suite, guider tout au long d'un circuit au Kashmir et au Ladakh, j'étais revenue sur le house-boat amiral de Monsieur Siah, l'ainé des Siah's Brothers, les "Parrains" tout puissants de ce petit Milieu lacustre, qui fournissaient à prix d'or et en s'allouant de juteuses commissions sur les achats de leurs hôtes, les élégantes prestations hôtelières flottantes réservées à nos groupes.

Épuisée de fatigue, en manque de sommeil, j'avais accepté le déjeuner tardif que le vieux Siah magnanime me faisait servir; il avait certainement quelque bonne raison peu désintéressée de vouloir m'amadouer; et tandis que je dégustais un délicieux curry d'agneau appelé Rogan Josh, mes yeux, embués de larmes arrachées par le piment suivaient distraitement le balancement du houseboat voisin, auquel on accédait par quelques marches et un petit ponton, le légendaire palais flottant, Alif Laila.

Soudain, une agitation et des bruits inaccoutumés se manifestèrent au loin sur la rive, au niveau de l'embarcadère. Monsieur Siah vint s'accouder à ma table et avec un clin d'œil appuyé me lança " Do you know who is coming here, in my place? —Savez-vous qui j'attends ici, chez moi ? The Dalai Lama!." Je crus que c'était une de ces lourdes plaisanteries dont il était coutumier. Mais là-bas, sur Boulevard Street, l'artère circulaire du lac, je distinguai un cortège de voitures de luxe suivi de nombreuses Jeeps, et au bout d'un certain temps, quittant le rivage, je vis s'avancer vers nous une flottille de shikaras aux courtines de coton blanc, débordant de robes brunes et jaunes, couleurs traditionnelles des moines bouddhistes tibétains. Non, cela ne ressemblait pas à une blague!

Quelques instants plus tard, Tenzin Gyatso adressant à la ronde son regard et son sourire chaleureux, abordait sur le houseboat où je me trouvais et traversant la passerelle qui conduisait au Palace voisin s'engouffra dans le Alif Laila, suivi d'une envolée de robes brunes.

Averti par un membre de sa suite que deux Européens souhaitaient le rencontrer, c'est lui qui vint vers nous la main tendue; les convives ayant eu l'honneur de partager son repas s'écartèrent formant deux rangs pour lui ouvrir un passage jusqu'à nous. Notre rencontre avec le Dalai Lama ne dura que quelques instants. De sa voix chaude et musicale il nous interrogea en Anglais, mon compagnon et moi-même, nous posant quatre questions apparemment banales mais qui m'ébranlèrent profondément tant elles me parures essentielles: Qui êtes-vous? D'où venez-vous? Où Allez-vous? Que cherchez-vous? Je restais muette, dévorant des yeux cet homme qui me souriait avec une gentillesse incroyable et prenait la liberté de faire attendre son entourage, tous les notables du pays venus l'honorer, à seule fin de nous consacrer quelques minutes de son temps précieux. Mon compagnon, répondait comme il se doit "Nous sommes Français, nous venons de Paris et nous allons visiter l'Inde, et peut-être aussi le Népal etc." tandis qu'à la question "que cherchez-vous" je hurlais intérieurement "Mon guide spirituel" comme s'il avait le pouvoir de le sortir du sac en coton jaune qu'il portait à l'épaule. Il nous laissa sur un sourire lumineux, se retournant plusieurs fois en agitant la main vers nous tandis qu'il s'éloignait. Pendant l'heure qui suivit cette rencontre, un barrage émotionnel s'effondra libérant ma poitrine de je ne sais quelles séquelles obscures et des larmes de joie roulèrent le long de mes joues avec une telle abondance et si interminablement, que mon compagnon, attendant patiemment la fin de ce silencieux orage finit par chuchoter à mon oreille avec son humour coutumier que le lac Dal était sur le point de déborder et le houseboat prêt à rompre ses amarres. Au milieu de mes larmes, l'éclat de rire.

D'autres rencontres avec le Dalai Lama suivirent celle-ci, un entretien privé en 1986, chez lui, à Mac Léod Ganj, et maintes autres fois en divers lieux dans le monde, où il conférait des initiations suivies de plusieurs jours d'enseignements où nous venions nombreux, du monde entier, apprendre de bouche à oreille, comme au temps du Bouddha, la voie de la sagesse et de la compassion ainsi que les techniques de méditation spécifiques à la tradition du bouddhisme tantrique Tibétain.

Quelques semaines plus tard, comme nous visitions Katmandou, mon regard tomba sur un minuscule imprimé collé sur la porte d'entrée d'un restaurant, proposant un cours de méditation bouddhiste en retraite très stricte d'un mois, au monastère de Kopan. C'est alors, en Novembre 1976, que notre voyage touristique se transforma en voyage d'études et à Kopan Gompa, humble monastère voisin du formidable stupa de Bodhnath, juché sur une colline dominant la vallée de Kathmandu, qu'eut lieu la rencontre avec celui qui se révéla dés ses premiers mots et l'explosion de son rire himalayen comme mon guide spirituel, et le resta pour mon plus grand bonheur jusqu'à sa disparition en Mars 1984: Lama Thubten Yeshé.

Mais ceci appartient à un autre chapitre qui reste à écrire.

video

samedi 2 janvier 2010

2010. À VOS SOUHAITS!


Voici, amis de RDV, pour cette nouvelle année 2010
les Quatre Vœux Infinis de la tradition bouddhiste que je formule pour tous car il est dit qu'ils comblent les besoins et les désirs de tous les êtres vivants en quelque lieu de l'univers où ils puissent résider:

— Puissions-nous, tous les êtres vivants et moi-même, posséder le bonheur et les causes du bonheur.

— Puissions-nous, tous les êtres vivants et moi-même, être libérés de la souffrance et des causes de la souffrance.

— Puisse aucun de nous n'être jamais privé des états supérieurs et de la vraie joie d'être libre.

— Puissions-nous tous demeurer dans l'équanimité (impartialité) libres de désirs et de craintes, de préférence et d'aversion.

Les êtres hautement spiritualisés affirment que chaque fois que l'on se concentre sur ces souhaits en les formulant du fond du cœur, ils engendrent des causes de bonheur pour soi et pour tous les êtres — cela inclue évidemment toutes les formes animales. Alors...
À VOS SOUHAITS!

Messages de vœux envoyés par des amis de RDV.
Que cette nouvelle année vous apporte une santé d'acier, des amitiés fidèles, des potes rigolos, des partenaires attentionnés, des enfants épanouis, des collègues intègres et braves, de la tendresse, de l'amour, des dimanches bien remplis, des boulots gratifiants, des voisins pas chiants, des commerçants honnêtes, des politiciens engagés, des réveils dynamiques, des nuits câlines, assez de sous pour vos besoins, des vins parfumés, de la nourriture saine et savoureuse, des couchers de soleil de carte postale, des après-midi pluvieux mais au chaud, des coeurs qui battent harmonieusement, des aventures sans séquelles, des jours sereins, de la bonne lecture, des neurones éveillés, des muscles vigoureux, des os sans rouille, des dents solides pour croquer la vie, des robinets sans fuite, du soleil devant et derrière les nuages, des métros qui débordent d'humanité, des rues gaies et sans crotte, de la bonne musique, des bons films, des étonnements, des rires, l’ouverture de votre cœur, la capacité de donner des coups de main salvateurs et toutes ces choses que j'oublie qui font que la vie est belle !

LES VŒUX DE L'AMIE SUZANNE 2010
Je vous dirais bien d’attraper le bonheur par la queue mais j’ai cru comprendre, pour l’avoir essayé, qu’il n’aime pas trop ça et, de fait, on peut le comprendre, même nous, pauvres femmes dépourvues d’appendice caudal. J’ai essayé d’autres méthodes, plus farfelues les unes que les autres, avec, vous vous en doutez, le même « succès ». Finalement, j’ai fini par comprendre qu’il se cachait au creux des multiples joies de la vie, celles qu’en général on ne voit pas parce qu’on les considère tellement normales qu’on n’en fait plus cas. Alors, bien sûr, il y a aussi les grandes poussées d’adrénaline, celles qui nous font croire que le bonheur, c’est ÇA, mais pour ma part, je les ai toujours payées d’une sacrée redescente, pas vous ? Alors trêve d’âneries raisonnantes, je nous souhaite d’apprécier de vivre, tout simplement, dans la chaude compagnie de personnes aimantes et aimées, sous un toit confortable, en pleine jouissance de nos cinq sens pour ne rien rater des merveilles visuelles, auditives, tactiles, gustatives et olfactives mises à notre disposition, une cohabitation paisible et fructueuse avec tous les habitants de notre planète, qu’ils soient humains, animaux ou végétaux, une santé physique et mentale à toute épreuve qui nous préservera des pièges qui nous attendent peut-être, et de dispenser la joie autour de nous, même dans les moments un peu difficiles où pieds de nez et pirouettes peuvent être d’un grand secours, et enfin de nous souvenir que l’on peut allumer des dizaines de bougies à partir d’une seule sans en abréger la vie, qu’on ne diminue pas le bonheur en le partageant. Au contraire.
Merci à chacun de vous de briller dans mon firmament.
Suzanne

mardi 15 septembre 2009

C'EST QUOI CE FOUTU MOI?

COMMENTAIRE DE SaveNow du 09-09-09
à propos DES HAUTS ET DES BAS DE LUNA TIC :

Effectivement, c'est notre "moi" incertain, celui qui doute de ces capacités, celui qui préfèrent le "paraitre" au véritable "être" qui forment l'ego. Mais l'ego ne se constitue qu'à travers autrui. C'est lorsqu'on pense à comment autrui nous perçoit, autrui penserait ça ou ça ou encore ça (oui ça en fait des ça) de nous, que nait l'égo.
La solution ? J’entends les extrémistes dirent qu’il faudrait liquider autrui...
C'est une belle utopie mais posez ces machettes et rentrez chez vous en paix mes frères...
Oui je sais vous êtes déçus...

Plus sérieusement, je crois que dans le processus d'élévation, le fait d'approfondir la conscience de soi passe par l'occultement d'autrui. Ainsi, on s'aperçoit que c'est NOTRE vie ! C'est à Nous de la construire, à Nous de lui donner la forme souhaiter, à Nous de la VIVRE bons sang !
Certain passe leur temps à faire, défaire, penser ou dépenser (oui je sais, elle était facile) dans le seul but d'être aux normes avec autrui. Ou plutôt aux normes avec l'image qu'une l'élite veut nous donner d'autrui. Comme le dirais Desproges : " L'élite de ce pays permet de faire et défaire les modes, suivant la maxime qui proclame : "Je pense, donc tu suis." "
Ainsi, c'est donc par le processus d'élévation, de conscience de soi plus profonde et métaphysique que nous pouvons dépasser le regard des autres.
Ce regard qui autrefois me définissais, me jugeais, me terrorisais.
Je m'arrête une minute... et je dédie cette minute à m'observer... Sans préjugés... Dans une totale objectivité... Je crois que c'est là le travail le plus dur de l'éveillé. Ce détachement de toutes ces croyances, convictions et opinions passés afin d'acquérir ce concept que beaucoup de journaliste utilise de nos jours à tord... celui d'Objectivité...

J'ai essayé de répondre... ça (oui encore ce "ça") vaut ce que ça vaut :)
ça-lutation ! :)
9 septembre 2009 12:06

RÉPONSE À SAVENOW

Bien d'accord avec toi, SaveNow, oui, c'est à nous et non aux autres de construire notre vie comme nous l'entendons. Sauf qu'au lieu de liquider autrui c'est bien plutôt ce "moi qui doute de ses capacités" et se soucie tellement de l'opinion des autres qu'il nous faut liquider sans tarder! Occulter autrui n'est pas plus possible que d'éliminer l'image dans le miroir sur lequel on se penche.
D'après mes sources, l'égo existe potentiellement chez le nouveau-né et commence à se développer automatiquement autour de deux ou trois ans. Il semble que sa fonction soit nécessaire à la gestion de notre existence au quotidien dans le monde relatif et conventionnel. Le corps et l'esprit se doivent de survivre, ils portent un nom, c'est une convention et c'est là tout ce que l'on peut légitimement accorder comme réalité à l'ego, celle d'un nom conventionnel; car par ailleurs, toute investigation sur sa nature aboutit au constat qu'on ne peut le cerner par l'analyse et qu'il n'est localisable en aucune façon ni dans le corps, ni dans l'esprit, ni dans les deux réunis, ni en dehors d'eux.
Le problème n'est pas l'ego, mais le fait de s'identifier au corps, à l'esprit et au nom qui leur sont assignés et qui constituent la base sur laquelle on désigne l'ego ou la personne. C'est comme si l'on se prenait pour sa valise ou pour son véhicule. Ces constituants sont faits pour nous mener d'une rive à l'autre de l'existence, de la naissance à la mort. On dit "mon corps, mon esprit, mon nom" sans trop se soucier de savoir qui s'attribue ces constituants, ni de justifier la contradiction que représente le fait de se dire leur propriétaire tout en prétendant être la même chose qu'eux. Nous ne sommes pas davantage un ego que nous ne sommes un estomac mais nous avons besoin des deux pour fonctionner. C'est tout. En réalité, il n'y a rien à éliminer sauf l'erreur qui fait que l'on se prend pour ce que l'on n'est pas.

C'est pourquoi je pense que ce tu appelles "le fait d'approfondir la conscience de soi" passe non pas par l'élimination de l'autre mais plutôt par la réalisation que l'autre plus moi ne font pas deux, nous ne sommes ni différents ni séparés ainsi que nous le croyons dur comme fer.
C'est justement cette identité avec autrui qui est réalisée par le chercheur au travers de l'analyse puis dans le silence de la méditation; sans pour autant créer de contradiction avec le fait que chaque être est unique et irremplaçable.
La réalité est paradoxale, n'est-ce pas? Mais elle ne s'est jamais engagée à se plier à nos croyances et à nos préjugés.
L'objectivité dont tu parles avec tant de chaleur n'est pas un gage de vérité, l'Histoire avec un grand H en témoigne, elle n'existe tout simplement pas chez les mortels qui vivent sous le joug des émotions et ne voient le monde qu'au travers du voile qu'elle tissent.
C'est ainsi que le chercheur scientifique, qui ne s'est libéré ni de ses émotions — ses espoirs, ses craintes, ses doutes, sa vanité, sa jalousie etc — ni de la masse de connaissances inachevées qu'il a mémorisée, a beaucoup de mal à voir dans l'objet de son observation autre chose que ce qu'il s'attend à voir en relation avec son savoir et ses hypothèses. Quelle sorte d'expérience va-t-il faire de la réalité, elle qui n'a cure de ses hypothèses? Elle ne lui offre en retour qu'une ombre de la vérité, une approximation, un principe d'incertitude, un reflet de ses doutes et de ses propres projections. C'est pourquoi cette recherche ne peut avoir de fin.
Un géant de la spiritualité Indienne contemporaine, Sri Nisargaddhata Maharaj, dit à ce propos que le chercheur scientifique est pareil à l'enfant qui court après son ombre sans jamais parvenir à la saisir, et ne découvre la réalité que lorsque sa mère l'éclaire en lui montrant qu'il lui suffit de toucher sa tête pour que sa recherche aboutisse.

L'impartialité seule, caractéristique de celui qui n'ayant ni préférence ni rejet voit en dehors de tout jugement que tout s'équivaut et se compense, qu'il n'existe ni profit ni perte et réalise l'égalité de toutes choses et de toutes les formes de vie, est le propre de l'Éveillé. Tout pour lui est également digne de son amour et de sa compassion. Voilà ce vers quoi doit tendre tout chercheur spirituel, quelle que soit sa tradition ou sa laïcité.
Personne n'a le pouvoir de nous définir, de nous juger, de nous terroriser si nous ne le lui accordons pas. Je pense comme toi que c'est par un processus d'élévation de la conscience de soi que l'on peut dépasser non seulement le regard des autres mais également le regard erroné que l'on porte sur soi-même et sur le monde.

Quand tu dis "j'ai essayé de répondre" c'est parfait. Pourquoi ensuite ajouter "ça vaut ce que ça vaut" ? Être bien ou mal noté par autrui n'a aucune importance. Ce qui compte c'est de faire de son mieux et d'accepter que notre réflexion peut évoluer et notre compréhension s'élargir. Ceux qui se veulent trop fidèles à leurs conceptions risquent de se fossiliser. Notre vérité d'aujourd'hui peut ne pas être celle de demain, et c'est heureux! Car c'est en cela aussi que réside notre liberté.

Le sarcasme auquel tu as fais référence précédemment, est-ce un stratagème? Une façon de déguiser sa pensée? ou autre chose encore? Quoiqu'il en soit, la réalisation que tu as eu soudain de la façon dont tu en fais usage m'a parue lumineuse.
Éclaire-moi.

mardi 1 septembre 2009

LES HAUTS ET LES BAS de Luna Tic

Voici, amis de RDV l'email que j'ai reçu de Tiger Eye et la réponse qu'il m'a inspiré. Je me suis plongée une fois de plus dans une réflexion sur le thème du bonheur et de l'insatisfaction qui a présidé à l'ouverture de ce blog, mais le sujet est loin d'être épuisé. Mes doigts volent sur le clavier.
La quête du bonheur... Miroir aux alouettes? Ou la simplicité même? L'inépuisable tonneau des Danaïdes? Ou celui de Diogène? Allons, jetons un œil dans le miroir du Grand Vide.

chere lise
jai eut une grosse periode de doute et je n'ai rien envie d'organiser alors on a annuler ce pourtant beau projet de ballades en espagne
avec ce peu de temps et la periode d'inscription de septembre je vais me poser dans le coin mais pas loin...
bon des fois je me sens tellement joyeuse c incroyable parceque des fois je suis down! tellement lunatique!!
biz

Salut Tiger Eye,
Les hauts et les bas sont la preuve que tu es VIVANTE, les morts ne connaissent ni hauts ni bas.
Ton esprit va et vient comme la navette du tisserand, c'est ainsi que se tisse la toile du monde de tes pensées, l'univers dans lequel tu vis. Il est peint aux couleurs de tes émotions et clic! te voici rose de plaisir, et clac! rouge de colère, et glup! verte de jalousie, et beurk! grise comme un ciel de pluie et ainsi de suite.
Tu montes aux nues quand tu brasses des pensées stimulantes, ton moral tombe dans le trente sixième dessous quand tu tricotes tes doutes avec des idées noires. Mais qui les fabrique? Toi, bien sûr! À quoi te servent-elles? À te transformer en yoyo! En haut, en bas, en haut et... rebelote!
Jusqu'à quand vas-tu t'en laisser conter par ce mental bavard? Cet ego fauteur de trouble, cet "Oncle Picsou" avare, grognon, roublard et trouble-fête.
Quand tu en auras bien marre — mais vraiment raz le bol! — tu lui riras au nez et tu trouveras la voie du Milieu, le chemin intérieur tout au long duquel on frôle les précipices du désir et de la crainte, du doute et de l'orgueil, comme un joyeux funambule, en gardant l'équilibre.
Le remède à tous les problèmes qu'engendre l'ego c'est de s'oublier et d'avoir le souci des autres.
La compassion, la générosité sont les antidotes à la souffrance et cela s'explique, si l'on veut bien y réfléchir, par l'enchaînement de causes et d'effets que voici:
Lorsqu'on se soucie trop de soi on souffre d'insatisfaction chronique: on n'a pas ce que l'on souhaite, on subit ce que l'on ne désire pas, on ne se trouve pas "à la hauteur", on se sent limité, perdu, incomplet. On se dit qu'il doit bien exister quelqu'un au monde qui pourrait nous compléter ou quelque chose qui saurait combler notre manque.
Mais qui? Mais Quoi? L'autre est inachevé, incomplet comme nous, et on finit par se lasser des plus beaux jouets. Alors? On n'a le goût à rien, on tourne en rond dans ce cercle vicieux de l'insatisfaction sans trouver la sortie.
Par ce bout il n'y en a pas.
Il s'agit de faire une pause, du silence et de rompre le cercle. C'est possible car il n'est pas plus réel que celui formé par un brandon que l'on fait tourner assez vite. En fait, il est constitué de nos stratégies, de nos préjugés, de nos vieilles habitudes de penser, ces casseroles que l'on traine derrière soi avec lesquelles il va bien falloir rompre pour qu'elles nous laissent vivre en paix et heureux.
Lorsqu'on se soucie de autres on ne songe qu'à trouver des solutions pour leur venir en aide, il en résulte qu'on oublie de se tourmenter pour soi-même et cela entraîne un soulagement immédiat. On peut enfin souffler, et le souffle, comme chacun sait, est le véhicule de l'inspiration; celle-ci rend créatif et lorsque la créativité s'éveille, elle trouve le champ dans lequel s'exercer — nous sommes tous doués pour certaines choses. L'exercice de la créativité infuse bientôt une dose incroyable d'énergie, celle-ci se traduit par un dynamisme physique et psychique, on se sent régénéré, en pleine possession de ses moyens, une force paisible emplit d'amour tout notre être, intégrant notre coeur, notre intelligence et notre esprit. Quelle joie!
Tout se passe alors comme si l'on se nourrissait d'une "potion magique".
Vrai de vrai! Non je ne blague pas. Mets-le à l'épreuve, tu verras par toi-même.
Au début il faut un peu se forcer à cause de la vieille habitude bien incrustée de se chérir par dessus tout et d'estimer que rien ni personne n'est plus important que nous, mais lorsqu'on persévère ça devient naturel de donner plus de place aux autres dans son cœur; on apprend même à se passer de la reconnaissance de ceux qu'on aide. Il vaut mieux ne pas en attendre de gratitude, rares sont ceux qui en font preuve, certains plus orgueilleux peuvent même se détourner de ceux qui les ont aidé.
Mais qu'importe? L'acte altruiste porte en soi sa récompense: la joie qu'il procure d'avoir accompli l'acte juste. Ce n'est pas "moi" qui donne, la Vie offre à la Vie, on est quitte, personne ne doit rien à personne. Quelle légèreté!
Je ne dis pas que c'est facile, l'égo rechigne à donner sans rien attendre, mais porter le fardeau de l'insatisfaction chronique n'est pas non plus une partie de plaisir! Voilà, c'est une issue de secours par laquelle on peut alléger sa souffrance, celle des autres et aborder sur un nouveau rivage où il fait bon vivre.
Ca vaut la peine d'essayer, Tiger Eye, sachant que tout ce que tu fais pour autrui c'est pour toi que tu le fais.
À prime abord ça peut sembler paradoxal mais c'est un fait, la Vie est Une, tout est Vie, tu es la Vie et chaque être l'est pareillement.
Tel est le secret qui se transmet de bouche à oreille depuis l'aube des temps et dont chacun peut faire son beurre sa crème et sa potion magique! Et toi, Tiger Eye, avec un nom pareil, je suis sûre que tu sortiras victorieuse — rieuse! — des hauts, des bas et de tout le tralala...
Baisers à toi, à vous tous et à sous peu.
Lise


lundi 20 juillet 2009

PARIS/TEXAS SYNCHRONICITY

Le 17 juillet dernier, j'envoie un mail à des amis de RDV, Hank et Donna de San Antonio au Texas, USA, auquel je joins en attaché la vidéo Rain (Pluie) en leur souhaitant de jouir de cette Pluie.

Le 18 juil. 09 à 01:33, Hank Berez a écrit :
Lise...creativity has no limits....we have not had rain in san antonio for more than 6 months...guess what? when I opened this attachment the heavens over san antonio opened up with welcomed rain...so thank you!!! have a wonderful weekend.,..

mucho besos...

hank & donna
Traduction:
Lise… la créativité n'a pas de limites… nous n'avons pas eu de pluie à San Antonio depuis plus de 6 mois… par quel hasard? Lorsque j'ai ouvert cette pièce jointe les cieux se sont ouverts sur San Antonio déversant une pluie bienvenue… Alors merci!!!
Un merveilleux weekend…
Plein de baisers…

video

mardi 14 juillet 2009

Synchronicité n°5-UN 14 JUILLET RENVERSANT


En ce temps-là, j'habitais rue Baron à Paris dans le 17è. C'est un quartier banal, à l'écart du 17è résidentiel où les communautés noires et blanches se côtoient en évitant soigneusement de se rencontrer. Lorsque j'allais à la laverie automatique toute proche, où les femmes et quelques hommes du voisinage venaient laver leur linge, je me livrais à toutes sortes de stratagèmes pour entrer en matière, obtenir un regard, en espérant un sourire de la part de mes voisins "blacks" dont je ne supportais pas la stratégie du "ignore-moi comme je t'ignore". Cela donnait:
"Pouvez-vous me dire combien de temps dure le programme de lavage?" ou "Cela vous ennuirait-il de m'aider à plier mes draps, ils sont si grands et il y a si peu de place ici…" ou encore "Avez-vous des pièces de monnaie en trop pour la machine de séchage…" C'était une denrée rare car la machine à faire de la monnaie était souvent en panne. Toute cette vieille laverie était défaillante, mais je ne l'étais pas moins lorsque voyant les regards obstinément tournés dans la direction opposée à mon sourire avenant, je désespérais de rencontrer une prunelle noire amicale.
Que voulez-vous, j'aime les blacks. Je les trouve belles ces femmes en boubous chamarrés, avec leurs bébés aux yeux comme des escarboucles étincelantes, et ces hommes à la démarche souple, tellement élégants dans leurs vêtements de sport, ou vêtus de costumes dernier cri portés avec la même désinvolture que s'ils étaient nus. Il me semble qu'ils ont gardé quelque chose que nous autres, blancs, avons perdu ou n'avons peut-être jamais eu. Est-ce le naturel? Le contact des pieds nus avec la terre? Ou une façon d'être au monde comme s'ils lui appartenaient et non l'inverse comme nous, les nantis, le croyons avec impudence? J'avoue ne pas y avoir réfléchi.
Mais je me suis laissée dériver sur les sentiers tortueux de ma mémoire, alors que j'étais en route pour vous raconter ce qui s'est produit au 6 de la rue Baron, un soir de 14 juillet, vers minuit trente, alors que j'étais sur le point de me mettre au lit.
Pour la première fois depuis longtemps, je me trouvais seule à Paris pour célébrer cette fête chère à mon cœur. Je n'apprécie pas les défilés militaires mais je vibre comme une flèche dans la cible dés qu'il s'agit de libération et de révolution, et puis j'aime me frotter aux foules en liesse dans les bals publics, à la Bastille, à la caserne des pompiers près de la rue de Rennes, ou sur la Place de la République. Mais j'avais ce soir là une envie impérieuse de voir le feu d'artifice le plus somptueux de l'année et je voulais être au premier rang des spectateurs, face à la plateforme du Trocadéro d'où partait le lancement. J'avais donc prévu d'y aller tôt pour être bien placée. Mais auparavant, afin d'aller à la fête l'esprit libre, il fallait que je prenne une décision sur laquelle j'étais hésitante. Je devais choisir entre l'appât du gain et une galère en perspective.
Une agence de voyage renommée me proposait d'accompagner un groupe de touristes, fin Août, pour un circuit au Pakistan et en Inde, pays que je connaissais déjà pour y avoir conduit des groupes, mais je trouvais l'itinéraire mal conçu, trop chargé. J'imaginais sans peine les problèmes qui ne pourraient manquer de surgir à la suite d'interminables journées d'autocar, avec des véhicules aux amortisseurs d'un âge antédiluvien, sans air conditionné par une chaleur accablante; je savais la frustration qu'engendre le fait de ne pas pouvoir communiquer avec les gens du pays pas même en anglais — langue dans laquelle le Français n'excelle pas —, l'exaspération d'être continuellement sollicité par les marchands de rues et les mendiants, la fatigue après des visites trop courtes faites au triple galop… Un vrai piège à touristes ce tour! Oui mais...Par ailleurs, j'avais besoin d'argent. Je tournais et retournais le problème, pesant le pour, le contre, sans arriver à faire un choix.
Pile ou face, non! Je me fie plus volontiers à l'antique sagesse du tarot tel qu'Oswald Wirth en a dessiné et commenté les arcanes. Je décidai de tirer une seule carte. Celle qui se présenta fut le XVl, la Maison Dieu. Cet arcane, le plus funeste des 22 arcanes majeurs, représente une tour foudroyée par un éclair qui la décapite, précipitant deux personnes dans une chute mortelle. Je n'étais déjà pas chaude pour guider ce voyage, mais l'avertissement sévère de l'arcane XVl
me refroidit considérablement. Tant pis pour le gain, je ne prendrai pas le risque d'accepter ce travail. Soulagée d'avoir pris ma décision, je partis allègrement pour le Champs de Mars, laissant ma voiture garée rue Baron pour prendre le métro qui m'éviterait l'enfer du parking, ainsi, rien ne m'empêcherait de jouir pleinement du feu d'artifice de ce 14 Juillet.
Il fut éblouissant! Et par Zeus! Le plus cosmopolite qui soit. Assise dans l'herbe du Champ de Mars, parmi des myriades de personnes, non loin de Miss Eiffel — une tour de bonne augure s'il en est — j'entendais parler toutes les langues du monde à l'exception du français. Tant mieux! Le langage des sourires et des gestes aimables, chacun se serrant un peu pour accueillir de nouveaux arrivants, me convenait parfaitement. Nous étions là par milliers, heureux d'y être et nous n'aurions pas cédé notre place pour un empire. Le feu d'artifice dépassa toutes mes espérances, ce fut… un feu d'artifice! Je revins chez moi en partie à pied le reste en métro, épuisée mais comblée par mon 14 Juillet.
Je souris en trouvant abandonnée sur ma couche la carte de tarot que j'avais tirée avant de partir, la Tour Eiffel illuminée m'avait fait oublier la tour foudroyée et ses corps tournoyant dans le vide. Il ne me fallut qu'une minute pour plonger avec délectation dans mes draps parfumés à la lavande, mais à peine avais-je mis un pied dans mon lit que la sonnerie du téléphone me le fit retirer pour aller décrocher. Je me demandais qui pouvait bien m'appeler à une heure aussi tardive, une erreur sans doute.
— Bonsoir, Madame, êtes-vous madame Medini Lise, propriétaire d'un véhicule Renault Fuego immatriculé numéro xxxxx?
— Oui.
— Ici le commissariat du 17è, c'est bien votre véhicule qui se trouve rue Baron devant le numéro 32?
— Oui, mais vous savez l'heure qu'il est?
— Oui, Madame, mais je dois vous prévenir qu'une personne s'est défenestrée, qu'elle est tombée sur votre véhicule et que…
— Votre plaisanterie n'est pas drôle et…
— Je comprends vos doutes, Madame, mais je ne plaisante pas, si vous voulez, allez constater les dégats sur votre voiture et rappelez le commissariat pour vérifier ce que je vous ai dit, n'hésitez pas à le faire.

Ce que je fis sans hésiter, découvrant ainsi que la plaisanterie n'en était pas une et par la même occasion qu'il me faudrait passer au commissariat demain à la première heure, afin de signer des papiers et obtenir une attestation prouvant à mon assurance que je n'avais pas sauté à pieds joints sur ma voiture en état d'ivresse pour en défoncer le toit.
Qui? Comment ? Pourquoi
justement sur ma voiture? J'étais abasourdie. Impossible de vous décrire mon état et la nuit étrange qui s'ensuivit. J'allai dés huit heures du matin au commissariat de police où je remplis et signai comme un zombi tous les papiers qu'un agent me soumettait, n'ayant qu'une question en tête.
— Qui est la personne qui s'est suicidée?
— C'est une jeune fille mais nous n'avons pas le droit de vous dire son nom.
— A-t-elle succombé?
— Elle était inanimée quand l'ambulance l'a emmenée, on ne peut pas vous en dire plus.
— Dans quel hôpital l'a-t-on transportée?
— Nous n'avons pas le droit…
— Je veux téléphoner pour avoir de ses nouvelles, ai-je dit en élevant le ton, elle est tombée sur
ma voiture, et je ne crois pas au hasard, je peux peut-être faire quelque chose pour elle…
— N'insistez pas, Madame.
Découragée, je me dirigeais vers la porte quand une femme qui avait assisté sans mot dire à cet entretient, contourna son bureau pour s'approcher de moi un papier à la main et lisant à mi-voix "Elle s'appelle Linda X, elle est à l'hôpital Untel, à telle adresse, en salle de réanimation." Je lui souris avec gratitude et la remerciai chaleureusement. Elle souleva un sourcil et me dit "Il faut bien s'entraider!"
Je rentrai chez moi et appelai immédiatement le service de réanimation de l'hôpital. À l'aide-soignante qui me demandait si j'étais de la famille de Linda, j'avouai la vérité et elle me donna sans réticence les informations que je désirais. Oui, elle avait survécu mais elle était dans le coma et l'on ne pouvait dire si elle avait des chances d'en sortir vivante un jour. On savait qu'à la suite de sa chute, il y avait de la casse mais jusqu'à quel point, c'était trop tôt pour le dire. On attendait les résultats des examens qu'elle avait subis. Il fallait patienter quelques jours. Sa famille s'était-elle manifestée? Personne ne s'était présenté. Pouvais-je me permettre de rappeler pour avoir de ses nouvelles? C'est sur un ton chaleureux qu'elle me dit "Bien sûr, c'est si triste qu'elle soit seule dans cette épreuve! C'est une toute jeune fille vous savez." J'aurais voulu pouvoir l'embrasser pour ces simples mots. Par la suite, je pus constater la gentillesse et la serviabilité de tout le personnel soignant de ce service.

À cette époque, je donnais des conférences à la Sorbonne dans le cadre de l'Université Populaire de Paris, sur la philosophie bouddhiste et les méthodes de méditation permettant de développer la quiétude mentale et la compassion. C'était ce que j'avais trouvé de mieux pour travailler sur mon égoïsme et mon caractère prompt à la colère. À plusieurs reprises, des auditeurs s'étaient présentés en me demandant si je voulais bien leur enseigner ces exercices de façon à pouvoir s'entraîner régulièrement avec moi. Un groupe se forma et j'acceptai de les accueillir bénévolement à mon domicile, où nous avons commencé à méditer ensemble avec un bonheur et une énergie incroyables.
Ce jour-là, je leur racontai l'histoire de Linda et leur proposai de travailler sur une méthode de méditation particulière, appelée "tog-len", en Tibétain, cela signifie prendre et donner. Les maîtres de cette technique affirment qu'elle permet non seulement à celui qui s'y exerce d'atteindre à l'éveil de la conscience dans les plus brefs délais, mais également de secourir ceux à qui l'on dédie cette pratique. À partir de ce jour, toutes nos méditations furent dédiées au rétablissement de Linda, à qui nous envoyions mentalement des douches d'énergie lumineuse et curative.
Je téléphonais régulièrement à l'hôpital où j'apprenais que Linda dormait toujours d'un profond sommeil dont on ignorait s'il aurait un terme. C'était la Belle au Bois Rêvant, que nous appelions à l'éveil de tous nos vœux. Je ne pouvais m'empêcher d'avoir confiance dans notre pratique, en particulier, dans la force de notre motivation. Au bout de trois semaines, j'appris qu'elle donnait des signes de conscience, l'infirmière me dit que son visage exprimait la douleur qu'elle ressentait dans son corps fracturé en de multiples endroits. C'était infime mais encourageant. Évidemment, elle souffrait! Mais tout valait mieux que l'inconscience dans laquelle elle avait sombré. Les personnes du groupe de méditation se réjouirent avec moi et nous poursuivîmes avec encore plus de concentration nos émissions d'énergie lumineuse en direction de Linda.
Quelques semaines plus tard, l'aide soignante m'annonça qu'elle était réveillée mais n'avait pas retrouvé l'usage de la parole, cependant, elle comprenait ce qu'on lui disait. Non, personne n'était venu la voir.
— Croyez-vous, demandai-je, qu'elle aimerait recevoir ma visite?
— Ne quittez pas, je vais le lui demander.
Elle avait répondu à l'infirmière par un signe affirmatif. Je sautai dans ma voiture cabossée et une heure après, j'étais au chevet d'une belle jeune fille de moins de vingt ans avec de longs cheveux bruns et de grands yeux noirs dans un visage pâle et amaigri. Linda essayait de répondre à mon sourire et de serrer ma main qui enveloppait la sienne et c'était vraiment émouvant, mais elle ne pouvait parler, je fis donc seule les frais de la conversation. Je me souviens de lui avoir vu sur les lèvres un sourire plus gai encadré de jolies fossettes quand je lui ai dit en faisant une grimace comique qu'elle s'était donnée bien du mal pour ruiner ma vieille guimbarde qui ne lui avait pourtant rien fait, à part de lui sauver probablement la vie. J'ai ajouté que celle qui avait sauté par la fenêtre, s'était définitivement envolée emportant avec elle tous ses soucis. Aujourd'hui, la Linda à qui je parlais venait juste de naître, une nouvelle vie l'attendait pleine d'aventures, de belles et bonnes surprises. Je voyais son visage s'éclairer peu à peu et quand je lui ai demandé si elle voulait bien me faire confiance et croire en ce que je lui disais, elle a baissé les paupières en signe d'assentiment en serrant fort ma main. Je l'ai embrassée en lui promettant de revenir bientôt.
Lors de ma visite suivante, j'appris qu'elle avait reçu la visite de ses parents et celle d'un jeune homme que l'infirmière croyait — me dit-elle derrière sa main avec un air ravi — être son fiancé. Le médecin qui suivait son cas avec lequel je m'étais entretenu, avait de fortes présomptions de fracture grave de la colonne vertébrale, il craignait qu'elle ne puisse jamais marcher à nouveau. J'en fis part au groupe et nous redoublâmes de pratiques et de souhaits en sa faveur, faisant des vœux pour qu'elle retrouve l'usage de la parole et de ses jambes.

Croyez-moi si vous le voulez, un an plus tard, Linda, la Belle au Bois, désormais bien éveillée et campée sur ses deux jolies jambes, me téléphona de province pour m'annoncer son mariage avec son Prince Charmant. J'eus de ses nouvelles, au bout d'un certain temps, pour l'entendre me dire dans un éclat de rire qu'elle était enceinte, et une fois encore pour me parler de leur joie à tous deux d'avoir un enfant et qu'ils étaient heureux.
Voici un conte qui se termine à merveille, selon la pure tradition, mais de grâce, laissez-moi croire que dans cette succession de coïncidences — pour ne pas dire de synchronicités (!) — nous avons peut-être joué le rôle de ces bonnes marraines fées, car notre groupe était essentiellement constitué de femmes. Cela dit, quand je pense à la carte du tarot que j'avais tirée lors de ce 14 Juillet, je me demande si "mon art divinatoire" ne s'est pas trouvé gravement en défaut, car l'image parlait davantage de ce qui allait se passer le soir-même, là où j'avais garé ma voiture, que de mon circuit en Asie. Quoiqu'il en soit, pour ne pas vous laisser sur cette fin, j'appris quelques mois plus tard que l'accompagnatrice du groupe que j'avais refusé de guider, s'était confrontée à de sérieux problèmes tout au long du voyage, qu'elle était revenue déprimée, et que les participants sont rentrés en France parfaitement mécontents. Pour ma part, je rends grâce au tarot de m'avoir incitée à rester à Paris où j'ai échappé au pire — la mauvaise humeur légendaire des touristes Français (!) — et où j'ai pu, aidée de mes amies, faire un bout de chemin avec Linda pour l'accompagner vers sa guérison.
Je suis loin d'être la seule à avoir connu ce genre d'expérience et nous sommes de plus en plus nombreux à chercher dans cette direction subtile. Quand une partie de l'humanité donne des signes de décadence, une autre prend la relève et fait croître le renouveau. Nous avons tous la liberté de forger le Monde dans lequel nous aimerions vivre, la société est le reflet de nos choix. Si nous voulons une société paisible, équitable, non coercitive et fraternelle, soyons d'abord nous-mêmes, dés maintenant, là où nous nous trouvons, des membres représentatifs de ces qualités, le reste coulera de source.