Voici, amis de RDV l'email que j'ai reçu de Tiger Eye et la réponse qu'il m'a inspiré. Je me suis plongée une fois de plus dans une réflexion sur le thème du bonheur et de l'insatisfaction qui a présidé à l'ouverture de ce blog, mais le sujet est loin d'être épuisé. Mes doigts volent sur le clavier.
La quête du bonheur... Miroir aux alouettes? Ou la simplicité même? L'inépuisable tonneau des Danaïdes? Ou celui de Diogène? Allons, jetons un œil dans le miroir du Grand Vide.
chere lise
jai eut une grosse periode de doute et je n'ai rien envie d'organiser alors on a annuler ce pourtant beau projet de ballades en espagne
avec ce peu de temps et la periode d'inscription de septembre je vais me poser dans le coin mais pas loin...
bon des fois je me sens tellement joyeuse c incroyable parceque des fois je suis down! tellement lunatique!!
biz
Salut Tiger Eye,
Les hauts et les bas sont la preuve que tu es VIVANTE, les morts ne connaissent ni hauts ni bas.
Ton esprit va et vient comme la navette du tisserand, c'est ainsi que se tisse la toile du monde de tes pensées, l'univers dans lequel tu vis. Il est peint aux couleurs de tes émotions et clic! te voici rose de plaisir, et clac! rouge de colère, et glup! verte de jalousie, et beurk! grise comme un ciel de pluie et ainsi de suite.
Tu montes aux nues quand tu brasses des pensées stimulantes, ton moral tombe dans le trente sixième dessous quand tu tricotes tes doutes avec des idées noires. Mais qui les fabrique? Toi, bien sûr! À quoi te servent-elles? À te transformer en yoyo! En haut, en bas, en haut et... rebelote!
Jusqu'à quand vas-tu t'en laisser conter par ce mental bavard? Cet ego fauteur de trouble, cet "Oncle Picsou" avare, grognon, roublard et trouble-fête.
Quand tu en auras bien marre — mais vraiment raz le bol! — tu lui riras au nez et tu trouveras la voie du Milieu, le chemin intérieur tout au long duquel on frôle les précipices du désir et de la crainte, du doute et de l'orgueil, comme un joyeux funambule, en gardant l'équilibre.
Le remède à tous les problèmes qu'engendre l'ego c'est de s'oublier et d'avoir le souci des autres.
La compassion, la générosité sont les antidotes à la souffrance et cela s'explique, si l'on veut bien y réfléchir, par l'enchaînement de causes et d'effets que voici:
Lorsqu'on se soucie trop de soi on souffre d'insatisfaction chronique: on n'a pas ce que l'on souhaite, on subit ce que l'on ne désire pas, on ne se trouve pas "à la hauteur", on se sent limité, perdu, incomplet. On se dit qu'il doit bien exister quelqu'un au monde qui pourrait nous compléter ou quelque chose qui saurait combler notre manque.
Mais qui? Mais Quoi? L'autre est inachevé, incomplet comme nous, et on finit par se lasser des plus beaux jouets. Alors? On n'a le goût à rien, on tourne en rond dans ce cercle vicieux de l'insatisfaction sans trouver la sortie.
Par ce bout il n'y en a pas.
Il s'agit de faire une pause, du silence et de rompre le cercle. C'est possible car il n'est pas plus réel que celui formé par un brandon que l'on fait tourner assez vite. En fait, il est constitué de nos stratégies, de nos préjugés, de nos vieilles habitudes de penser, ces casseroles que l'on traine derrière soi avec lesquelles il va bien falloir rompre pour qu'elles nous laissent vivre en paix et heureux.
Lorsqu'on se soucie de autres on ne songe qu'à trouver des solutions pour leur venir en aide, il en résulte qu'on oublie de se tourmenter pour soi-même et cela entraîne un soulagement immédiat. On peut enfin souffler, et le souffle, comme chacun sait, est le véhicule de l'inspiration; celle-ci rend créatif et lorsque la créativité s'éveille, elle trouve le champ dans lequel s'exercer — nous sommes tous doués pour certaines choses. L'exercice de la créativité infuse bientôt une dose incroyable d'énergie, celle-ci se traduit par un dynamisme physique et psychique, on se sent régénéré, en pleine possession de ses moyens, une force paisible emplit d'amour tout notre être, intégrant notre coeur, notre intelligence et notre esprit. Quelle joie!
Tout se passe alors comme si l'on se nourrissait d'une "potion magique".
Vrai de vrai! Non je ne blague pas. Mets-le à l'épreuve, tu verras par toi-même.
Au début il faut un peu se forcer à cause de la vieille habitude bien incrustée de se chérir par dessus tout et d'estimer que rien ni personne n'est plus important que nous, mais lorsqu'on persévère ça devient naturel de donner plus de place aux autres dans son cœur; on apprend même à se passer de la reconnaissance de ceux qu'on aide. Il vaut mieux ne pas en attendre de gratitude, rares sont ceux qui en font preuve, certains plus orgueilleux peuvent même se détourner de ceux qui les ont aidé.
Mais qu'importe? L'acte altruiste porte en soi sa récompense: la joie qu'il procure d'avoir accompli l'acte juste. Ce n'est pas "moi" qui donne, la Vie offre à la Vie, on est quitte, personne ne doit rien à personne. Quelle légèreté!
Je ne dis pas que c'est facile, l'égo rechigne à donner sans rien attendre, mais porter le fardeau de l'insatisfaction chronique n'est pas non plus une partie de plaisir! Voilà, c'est une issue de secours par laquelle on peut alléger sa souffrance, celle des autres et aborder sur un nouveau rivage où il fait bon vivre.
Ca vaut la peine d'essayer, Tiger Eye, sachant que tout ce que tu fais pour autrui c'est pour toi que tu le fais.
À prime abord ça peut sembler paradoxal mais c'est un fait, la Vie est Une, tout est Vie, tu es la Vie et chaque être l'est pareillement.
Tel est le secret qui se transmet de bouche à oreille depuis l'aube des temps et dont chacun peut faire son beurre sa crème et sa potion magique! Et toi, Tiger Eye, avec un nom pareil, je suis sûre que tu sortiras victorieuse — rieuse! — des hauts, des bas et de tout le tralala...
Baisers à toi, à vous tous et à sous peu.
Lise